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Le vocabulaire français: peut-on parler de
biodiversité?
(Par Claude
RAMPINI*)
En français, on dispose indubitablement
d'un vocabulaire très riche et très varié, qui peut ainsi être le vecteur d'une
pensée précise et nuancée. Ce vocabulaire a lui-même une caractéristique
essentielle, qui lui est inhérente: son orthographe.
Ceci étant, il arrive que l'orthographe des
mots français paraisse illogique, contradictoire, injustifiée (voir par exemple,
le cas des doubles lettres!...). C'est alors que fait surface un serpent de mer
bien connu appelé "la réforme de l'orthographe". Il s'agit de changer
l'orthographe des mots par décrets, dans le sens d'une uniformisation d'une
part, et, d'autre part, d'une simplification pouvant aller jusqu'à l'obtention
d'une orthographe de type purement phonétique.
Or les mots ont une histoire particulière.
Ils obéissent en effet, tout comme les espèces vivantes, à une évolution
naturelle, qui a permis l'existence d'une véritable diversité orthographique.
Quelles que soient les lois physiologiques qui régissent l'évolution des mots,
on peut parler de biodiversité pour l'orthographe obtenue, qui porte donc en soi
sa propre justification.
*Professeur émérite à la faculté de médecine de l'université
Paris VI
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Francophonie: terre d'action
culturelle
(Par Laura-Françoise LEBEAU*)
Dans le monde entier le désir de France et de
francophonie demeurent très fort. Le potentiel francophone est immense. L’élan
qu’il constitue et la force qu’il peut représenter sont sensibles, mais pas
assez entretenus, utilisés, valorisés. Face à ces faiblesses, il est nécessaire
de remettre la francophonie sur le devant de la scène, de rendre plus
perceptible l’action de la francophonie et ses résultats en rendant l’action
extérieure de la France plus cohérente, et de renforcer à la fois l’image et
l’usage de notre langue.
L’action culturelle extérieure est le meilleur
atout de la France pour exercer cette influence mondiale, qui passe
immanquablement par le rayonnement de sa culture et celui –encore énorme - de sa
langue. Si l’influence linguistique d’un pays est une donnée historique certes,
elle l’est également en ce sens qu’elle est le fruit d’une histoire, d’une
mémoire, d’un legs culturel. Or la force d’affirmation linguistique d’un pays
sera toujours inséparable de son dynamisme économique et culturel.
Les cultures étant par nature dans un état de
développement continu, porteuses du respect et de l’ouverture à l’autre, elles
sont d’autant plus riches qu’elles s’influencent et s’imprègnent les unes des
autres, elles sont d’autant plus uniques qu’elles se partagent . La solidarité
linguistique apparaît alors comme la première et la plus importante des
passerelles qui rapprochent les hommes, les nations, les continents.
C’est cette conviction que la francophonie entend
mettre en oeuvre en proposant des démarches tangibles, l’esprit francophone
ne suffit plus. Si la francophonie est née comme un fait, elle doit vivre
maintenant comme action. Et ainsi pouvoir donner à langue française la seule
place qui lui revienne : la
première.
*Coordinatrice du FILIC
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